![]() |
Bienvenue sur le site du Professeur |
Voir aussi : Le site du Handitest, l’outil de mesure du handicap en quatre dimensions |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
|
| |
| ||||||||||
Je suis issu d’une famille de médecins bretons pour lesquels la dimension humaine et sociale alliée à un dévouement sans faille au « malade » – devenu, par anglicisation du langage médical, le « patient » – constituaient la base éthique du métier sans autre considération. Ceci a conditionné un choix très précoce (dès la troisième année de médecine à Rennes) d’un type d’exercice de la médecine dont l’objectif est de faire évoluer non seulement l’état médical mais aussi la situation sociale et le regard sur la vie de la personne malade ou traumatisée et de ses proches. J’ai nommé la « Médecine physique et de Réadaptation » qui, à l’époque (1959), était seulement en début de gestation.
Un stage d’externe dans l’un des tout premiers services français de Médecine et de Réadaptation des personnes victimes des épidémies de poliomyélite, mis en place par un pionnier rennais, le Professeur Denys Leroy, a été décisif.
« Monté » à Paris par la voie des concours (externat, internat), je suis devenu l’élève du Professeur André Grossiord, un autre pionnier de la spécialité de Médecine physique et de Réadaptation en France, à l’hôpital Raymond Poincaré à Garches et fondateur de notre spécialité en France.
Toute ma formation, en France puis au Québec et aux USA (comme boursier, médaille d’or de l’Internat des hôpitaux de Paris) a été tournée vers l’acquisition du maximum de connaissances médicales, techniques, organisationnelles et sociales dans ce domaine encore en friche dans notre pays. La volonté étant de se rendre aussi utile et efficace que possible à la construction d’une nouvelle démarche médicale globale, humaniste et sociale autour de ce qu’on commençait à appeler « le Handicap ».
Ce choix, peu courant en médecine, m’a conduit à bien des expériences passionnantes :
Les échanges avec les pays « en émergence », ou en guerre, ont ponctué et nourri mes réflexions, notamment avec l’Algérie où nous avons enseigné 4 ans, et créé la spécialité de Médecine physique et de Réadaptation ; mais aussi le Maroc, la Tunisie, le Gabon, la Côte d’Ivoire, le Togo, la Bosnie-Herzégovine, le Liban.
L’objectif final de tout cela est de donner une identité et un avenir aux personnes en situation de handicap à travers une nouvelle approche, globale, positive, et valorisante : le système d’identification et de mesure du handicap que nous avons proposé avec la Professeure Teresa Magalhaes de l’Institut médico-légal et de l’Université de Porto, aidé par Marie de Jouvencel, Neuropsychologue, et par la Professeure Louise Gagnon, de Montréal. Cette nouvelle approche globale, centrée sur la personne, forme un lien médico-social cohérent entre santé et société. Ce lien est apte à remplacer le nœud gordien du handicap où règnent encore les préjugés, le corporatisme, la stigmatisation bureaucratique et les conceptions économiques mal comprises. L’absence de langage commun et clair entretient les quiproquos et l’incompréhension et empêche une progression efficace. Le fond du problème reste l’usage de définitions erronées, incomplètes et changeantes de ce qui est pourtant simple et le quotidien de tous : les situations de handicap.
Nous poursuivons notre activité dans ce sens et la sixième édition rénovée du Que Sais-je « les personnes handicapées », devenu « les personnes en situation de handicap », en est une preuve concrète. Mais nous avons aussi décidé d’affronter un autre problème médical et social bien difficile : la situation médicale et sociale des personnes avec un Syndrome d’Ehlers-Danlos. Il s’agit d’une maladie génétique par atteinte du tissu conjonctif et du collagène qui est fragilisé. Ses manifestations, très diverses (discrètes ou très handicapantes) sont variables. Elle est très mal connue des médecins qui la confondent souvent avec d’autres maladies, neurologiques, rhumatologiques, respiratoires, digestives ou ORL ; ce qui conduit à des errances diagnostiques extrêmement pénibles pour les personnes concernées, trop souvent affublées du commentaire « c’est dans votre tête ». Nous consacrons l’essentiel de notre activité de clinicien et de chercheur au diagnostic mais aussi aux traitements et à l’insertion sociale des personnes qui en sont atteintes, depuis l’Hôtel-Dieu de Paris où nous avons créé dans le service de Médecine Physique et de Réadaptation (Docteur J.-Y. Maigne), une consultation spécialisée pour ce syndrome avec mise en place de programme de traitement par la Médecine Physique et la Réadaptation.

